La dinde in fabula

30 novembre 2009

Harry Potter and the Chamber of secrets de J. K. Rowling

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Voici le deuxième rendez-vous du club de lecture (Re)reading HP!
Dans ce deuxième tome de la série, l'adolescence commence à pointer le bout de son nez : Harry Potter fugue, il va à l'école en voiture comme un grand, il participe à une boum, il se bat en duel... Il n'est plus ce gamin inexpérimenté à qui tout arrivait par hasard. C'est lui qui décide maintenant!

Le résumé

Enfermé dans sa chambre chez les Dursley, Harry reçoit la visite d'une être étrange, un elfe de maison, Dobby. Dobby est venu le mettre en garde contre un danger qui le menace : il ne doit pas retourner à Poudlard! Mais Harry ne peut renoncer à retrouver ce qu'il considère déjà comme sa vraie maison. Après une incartade magique, Harry est consigné dans sa chambre (pour changer). Ron et ses deux frères, les jumeaux Fred et Georges, l'aident à s'évader. Malheureusement pour lui, Harry va faire face à bien des difficultés pour rejoindre et demeurer à Poudlard : le quai 9 3/4 inaccessible, le cognard fou qui manque de la tuer... Mais Harry est décidément indispensable à l'école, puisqu'il est le seul à entendre le monstre qui sévit dans les couloirs, et à pouvoir découvrir la porte de la Chambre des secrets, pièce demeurée introuvable depuis la construction du château.

Mon avis

J'ai préféré ce tome au premier, même s'il comporte également quelques longueurs, quelques explications superflues, même si le guidage du lecteur reste très lourd. Mais c'est la loi de la littérature jeunesse! Ça démontre également le talent de Rowling qui a apparemment préparé tous les événements qui prennent place dans son récit. Difficile de ne pas remarquer à la deuxième lecture les effets de répétition et d'annonce qui replacent ce tome dans une série, en mobilisant des éléments du premier livre et en préparant le troisième.
Ce tome est plus prenant car l'intrigue semble moins artificielle. Elle repose sur le principe de l'enquête, qu'on va retrouver dans les tomes suivants, et qui est très dynamique. Rowling prend plaisir à maintenir le lecteur sur des fausses pistes et à donner ses indices au compte-goutte. Au rang des coupables, on retrouve bien sûr Malfoy, et son affreux père! Rogue est très peu présent, rien à se mettre sous la dent. Heureusement que Lockart est là : c'est mon chouchou de cette deuxième année! Un truc me chiffonne à propos de Rusard, cependant : ça me semble bizarre qu'il ait gardé la récompense décernée à Jedusor pour service rendu à l'école alors qu'on sait ce qu'est devenu Jedusor par la suite. N'est-il pas un peu louche, Rusard? Il ne me semble pas que son personnage soit développé par la suite, c'est dommage.

Comme je l'ai dit auparavant, l'adolescence commence pour Harry Potter : son égoïsme/égocentrisme se manifeste déjà. Quand il sort de l'infirmerie pour son bras, il s'étonne de ne pas trouver ses amis qui l'attendent et s'inquiètent de l'état de ses os! Mais, ça reste encore acceptable!

Bizarrement, je me suis rendue compte que je n'étais pas fan d'Hermione : sa disparition ne m'a pas plus dérangée que ça. Je pense qu'elle est plus attachante dans les tomes suivants...

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2 / 7

Rendez-vous le 31 décembre pour
Harry Potter and the prisonner of Azkaban

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J. K. Rowling, Harry Potter and the Chamber of secrets, Bloomsbury, 256p.


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27 novembre 2009

Zéro tués de Régis de Sà Moreira

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Zéro tués est le deuxième roman de Régis de Sà Moreira. Je l'ai emprunté en même temps que Le Libraire, et malgré ma déception pour ce dernier, j'ai décidé de lui laisser sa chance. Il a duré exactement le temps d'un voyage en train, et j'aurais aimé en garder un peu en réserve.

Le résumé

Sur le palier, Clara entend de la musique hawaïenne qui provient de son appartement. Elle pense aussitôt que son compagnon lui a fait une surprise. Pour le surprendre à son tour, elle se déshabille et pousse la porte en dansant... jusqu'à ce qu'elle se retrouve face à Joseph, pendu. Elle va alors se remémorer leur histoire, les bons moments comme leur rupture, leur relation avec le frère de Joseph, Andres, et sa femme, Françoise, pour tenter de comprendre la raison de son suicide. Zéro tués renvoie à OK (zero killed), mais aussi à autre chose, que Joseph apprend de la bouche même de Dieu.

Mon avis

Contrairement au Libraire, ce roman est guidé par une histoire, une vraie. Et ça ne l'empêche pas d'être poétique, fantaisiste, irréaliste. Bien au contraire, tout ici est soutenu par des personnages auxquels on peut facilement s'identifier, et par des sujets qui nous touchent tous : l'amour, la mort, la solitude, le sens de la vie.
Cette histoire d'amour ancrée dans le réel et pourtant sublimée m'a fait pensé au superbe film de Michel Gondry, Eternal sunshine of the spotless mind, ce qui représente, traduit en termes concrets, un sacré bon moment de lecture!

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Régis de Sà Moreira, Zéro tués, Le livre de poche, 2007, 184p.

 

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25 novembre 2009

Le libraire de Régis de Sà Moreira

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La couverture de ce livre, vue sur de nombreux blog et dans les librairies (il semble en effet faire l'unanimité chez les libraires!) ne laissent pas indifférents les amateurs de lecteur et de thé : ce livre se donne à déguster un après-midi, pelotonné sur son canapé, accompagné d'une tasse de thé, dont on goûterait la chaleur et le réconfort (du thé ou du livre, on ne sait plus trop!). Régis de Sà Moreira est un jeune auteur de 36 ans et qui vit à New York. Le Libraire est son troisième roman.

Le résumé

Régis de Sà Moreira aurait pu appeler son livre "ving-quatre heures de la vie d'un libraire". Ce libraire est tout sauf commercial : il ne vend que des livres qu'il a lus et jugés bons. Sa librairie est ouvert à tout heure, et tous les jours de la semaine. Il se dévoue totalement à ses clients (sauf  s'il s'agit d'un couple, car il déteste les couples) et à leurs désirs (souvent saugrenus). Parmi ces clients, on croise indifféremment un malotru, un connaisseur, une femme fatale, ou Dieu... Après le passage d'un client, le libraire déguste une tisane, dont le goût choisi rappelle la personnalité du client. Il lit, raconte des histoires à ses livres, et rêve aux trois femmes de sa vie. Plutôt qu'une histoire, ce roman présente des courts chapitres, autant de scènes rythmées par l'apparition de nouveaux personnages.

Mon avis

Livre poétique? Exercice de style? En tout cas, c'est pour moi un livre bien déstabilisant. Les premières pages tournées, j'ai pensé "ce livre est un ovni, fait pour moi, judicieux et appétissant, à qui pourrais-je bien l'offrir?". Mais, après l'avoir lu dans son entier, je reste sur mes réserves. Je rapprocherais bien ce livre d'un exercice de style poétique, qui n'aurait de poétique que le nom, ou la couverture. Plus la lecture avance et plus la mécanique tourne à vide, ou fonctionne comme une private joke, qui maintient le lecteur à distance (comment comprendre ce prologue et cet épilogue qui mettent en scène trois femmes, les trois femmes aimées du libraire sans doute?).

Il y a pourtant de belles trouvailles : le libraire qui déchire des pages de ses livres pour les envoyer à ses frères et sœurs (quel lecteur n'a jamais pensé à faire ça?), la poésie qui fait reculer la mort... Tout ça a déjà été relevé par les bloggeurs. Mais, finalement, le libraire est désespérément seul. Il ne vit qu'à travers ses livres : sa fantaisie est fortement teintée de mélancolie, sa passion livresque est trop envahissante, dévorante, vicieuse. Si elle nous touche au début par les nombreux points communs qu'on se trouve avec le libraire, on a hâte de la mettre de côté, comme ce roman.

Quelques extraits

Il ne voyait pas très bien comment garder un moral d'acier au milieu de tous ces livres, de toutes ces histoires, de toutes ces pensées, de toutes ces vies. Il enviait, dans ses pires moments, les vendeurs de voiture. Sans trop y croire. Car le libraire enviait surtout, non pas les auteurs, mais les personnages des livres qu'il lisait. Et il n'avait jamais lu de livre où le héros était un vendeur de voitures.

Le libraire croyait à la vie après la mort et sa croyance était assez simple : il croyait simplement que chacun trouverait après la mort ce à quoi il avait cru. Le libraire pensait que croire c'était créer.

Peu à peu, le libraire se transformait en un recueil de pages pour son amour perdu, pages plus belles les uns que les autres, et dont la beauté, à mesure qu'il la recueillait, embellissait sans qu'il le sache le libraire lui-même.

Régis de Sà Moreira, Le libraire, Le livre de poche, 2006, 190p.

 

Posté par La dinde à 15:07 - Roman - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

23 novembre 2009

Le voyage dans le passé de Stephan Zweig

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Depuis le temps que je me dis qu'il faut s'attaquer à Stephan Zweig, j'ai décidé de lire cette nouvelle, publiée récemment pour la première fois en français. Ne connaissant pas l'auteur, je me demandais si j'aurais dû commencer par des titres plus connus, qu'en pensez-vous?

Le résumé (quatrième de couverture)

"Louis, jeune homme pauvre mû par une 'volonté fanatique' tombe amoureux de la femme de son  riche bienfaiteur, mais il est envoyé quelque mois au Mexique pour une mission de confiance. La Grande Guerre éclate. Ils ne se reverront que neuf ans plus tard. L'amour résiste-t-il à tout? A l'usure du temps, à la trahison, à une tragédie?"

Mon avis

Est-ce que je chipote? Je n'ai pas l'impression que celui qui a fait ce résumé a vraiment lu la nouvelle. Bien sûr, un résumé n'est pas exempt de simplification (Louis ressent-il vraiment un sentiment amoureux avant d'être sur le point de quitter l'Autriche?), mais on peut se demander pourquoi deux ans deviennent subitement "quelques mois" (certes, techniquement, deux ans sont faits de l'accumulation de quelques mois), à quoi fait référence le mot "tragédie" (?), et, enfin qu'est-ce que vient faire là cette "volonté fanatique"?
Le récit de Zweig est tout le contraire d'une étude du type de l'ambitieux. Cette nouvelle se présente plutôt comme la dissection du sentiment amoureux, de sa naissance, de sa survie, et de ses regrets. Tout y est délicat et juste. Stephan Zweig a réellement su capté ce qui fait la spécificité du cœur humain, et retranscrire toute cette psychologie sans lourdeur ni fadeur. Pour un récit qui prend pour thème l'Amour, je m'attendais à tout sauf à ressentir ce sentiment paradoxal d'horreur. J'étais horrifiée parce que je suis tombée dans le piège, comme Louis, j'ai pensé que leur amour pourrait surmonter l'exil et le vieillissement.

Quelques extraits

Ce n'est pas lui qui l'avait attirée à lui, ni elle à elle, ils étaient tombés dans les bras l'un de l'autre, comme emportés ensemble par une tempête, l'un avec l'autre, l'un dans l'autre plongeant dans un inconnu sans fond, dans lequel sombrer était un évanouissement à la fois suave et brûlant - un sentiment trop longtemps endigué se déchargea, enflammé par le magnétisme du hasard, en une seule seconde.

Il n'est pas dans la nature humaine de vivre, solitaire, de souvenirs et, de même que les plantes, et tous les produits de la terre, ont besoin de la force nutritive du sol et de la lumière du ciel, qu'ils filtrent sans relâche, afin que leurs couleurs ne pâlissent pas et que leur corolle ne perde pas ses pétales en fanant, ainsi, les rêves eux-mêmes, même ceux qui semblent éthérés, doivent se nourrir un peu de sensualité, être soutenus par de la tendresse et des images, sans quoi leur sang se fige, et leur luminosité palît.

Stephan Zweig, Le voyage dans le passé, Grasset, 2008, 172p.

 

Posté par La dinde à 14:49 - Littérature étrangère - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

13 novembre 2009

L'imaginarium du docteur Parnassus de Terry Gilliam

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Le réalisateur maudit, Terry Gilliam, a réussi à terminer son film, son premier scénario original depuis Brazil et Les aventures du baron de Munchausen. On pourrait penser que le plus simple reste à faire : aller le voir...

Le résumé

Devant une boîte de nuit, dans le Londres contemporain, une caravane itinérante s'arrête et un théâtre d'un autre âge se met en place. Hermès, le messager des dieux en personne, invite les badauds à assister au spectacle de l'Imaginarium du docteur Parnassus. La troupe (Parnassus, sa fille Valentina, le nain Percy et Anton) se produit dans les rues pour gagner de quoi subsister. Lors d'un de leurs déplacements, ils sauvent par hasard la vie de Tony, qui se dit amnésique. Tony va intégrer la troupe, et accessoirement aider Parnassus à gagner son pari contre le diable, pour sauver Valentina.

Mon avis

C'est l'impression d'un grand fouilli qui domine lorsqu'on sort du cinéma. Le film est brouillon, et ce n'est pas à cause du changement d'acteurs, remède inventé à la mort d'Heath Ledger. En vérité, c'est dans ce changement que réside la valeur du film, de façon ironique! Les scènes qui prennent place dans le monde contemporain manquent de dynamisme, tandis que celles qui représentent l'Imaginarium souffre d'effets spéciaux vraiment moyens... voire kitch. Rien ne peut être sauvé.

On a donc du mal à entrer dans cet Imaginarium, on a du mal à voir où Gilliam veut en venir. Bien sûr, c'est un film qui se laisse regarder sans trop d'efforts, mais c'est tout de même dommage si le message que Gilliam entend faire passer est que les histoires et l'imagination soutiennent le monde et l'empêche de tomber.

Terry Gilliam, L'Imaginarium du docteur Parnassus, 2h02, 2009.


Posté par La dinde à 14:59 - Operation Kino - Commentaires [3] - Rétroliens [0]